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Déroulement oral IGE ITRF

Démarré par Mogwym49, 02 Octobre 2026, 12:22:09

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Mogwym49

Bonjour,
Je souhaitais relater ici le déroulement de mon très récent oral IGE pour lire votre avis car il me semble que celui-ci n'a pas respecté plusieurs règles élémentaires. Voici les éléments qui m'interrogent :

- La composition du Jury a été modifié 3 jours avant l'oral, remplacement du président de jury par le directeur adjoint de mon organisme qui se trouve être également mon supérieur hiérarchique direct, suite au départ récent de mon DSI.
- Tutoiement dès le début de l'entretien et à plusieurs reprises, ce qui me semble être en contradiction avec le principe d'égalité de traitement entre les candidats.
- Le DA m'annonce qu'un des deux experts présents n'est pas autorisé à m'interroger car il était déjà expert de jury lors de mon précédent oral de concours ASI. C'est un fait, mais je ne connais pas personnellement cet expert et je n'ai aucune relation professionnel avec lui. Je m'étonne donc d'un problème d'impartialité. Au contraire, n'est-ce pas mon DA qui aurait dû être tenu au silence ?
- Je m'aperçois après l'oral que le deuxième expert travaille dans le même service que le candidat retenu en LP, je ne peux pas évidemment pas prouver si le respect de l'impartialité s'est appliqué pour lui et que cette experte s'est retirée de tout jugement pour ce candidat à la délibération...
- Mon DA s'est permis des interjections pendant l'examen, du type "ah, je n'étais pas au courant !", ce qui était évidemment faux et insinuant par exemple que je ne sais pas communiquer auprès de ma direction...

J'écris sous l'émotion et je n'ai pas la prétention d'un recours au TA mais le déroulé de cet oral et mon résultat en LC me laissent un gout âmer... une impression d'une volonté de la direction de ne pas me promouvoir sur mon poste afin de "boucher un trou RH" et compléter une équipe DSI déjà en souffrance (sans DSI... dont je dois en plus assurer l'intérim...)

Merci par avance de me lire et de me partager vos avis, 

natblue

Bonjour,

Vous avez toute ma compassion.

Non, je ne trouve pas normal que votre N+1 puisse présider le jury chargé de vous évaluer. Le rapport hiérarchique crée, par nature, un risque de partialité, qu'elle soit favorable ou défavorable.

Malheureusement, on fait peu de cas de l'égalité de traitement des candidats.

Sachez toutefois qu'il existe des fondements juridiques sur lesquels vous pouvez vous appuyer.

Les articles L.121-1, L.121-4 et L.121-5 du Code général de la fonction publique imposent aux agents publics une obligation d'impartialité et de prévention des conflits d'intérêts.

Le Conseil d'État, dans sa décision du 17 octobre 2016 (n° 386400), précise que lorsqu'un membre du jury entretient avec un candidat des liens personnels ou professionnels susceptibles d'influencer son appréciation, il doit s'abstenir de participer aux interrogations et aux délibérations concernant l'ensemble des candidats au concours.

Plus récemment, le 30 juillet 2025 (n° 486329), le Conseil d'État a annulé une délibération de jury en raison de relations professionnelles trop étroites entre un juré et une candidate.

Malheureusement, la jurisprudence considère que le seul lien hiérarchique ne suffit pas automatiquement à caractériser un défaut d'impartialité. C'est précisément cette position que je conteste personnellement.

Ce qui m'interpelle particulièrement dans votre témoignage, c'est qu'un expert aurait été empêché de vous interroger au seul motif qu'il avait participé à votre précédent jury ASI, alors que votre propre supérieur hiérarchique présidait votre oral ! Or, la participation à un précédent jury ne constitue pas, à elle seule, une incompatibilité automatique.

Quant au fait que le candidat retenu en liste principale travaille dans le même service qu'une experte du jury, cela mérite également des éclaircissements sur la nature de leurs relations professionnelles et les éventuelles mesures de déport.

Vous pourriez demander par écrit la décision de nomination du jury et sa modification, les raisons de la restriction imposée au premier expert, ainsi que les mesures prises pour prévenir les conflits d'intérêts.

Je vous conseille également de conserver un récit précis et daté de l'oral, notamment les propos et interventions de votre N+1.

Attention aux délais : les recours contentieux doivent, en principe, être introduits dans les deux mois suivant la publication ou la notification régulière de la décision contestée, selon les règles applicables.

En ce qui me concerne, il y a un an, j'ai vécu une situation que je qualifie de RPS institutionnels. Quelque chose d'écœurant, que j'ai signalé ici et par mail, sans jamais recevoir de réponse.

On m'a conseillé de faire un recours. J'ai simplement écrit à la direction à deux reprises. Aucune réponse.

Il existe de la corruption en France, des arrangements entre amis, des pratiques silencieuses, et je considère que les dispositifs actuels ne protègent pas suffisamment les candidats.

Il y a un sérieux coup de Karcher à donner et une véritable réforme des concours à mener. Ces problèmes existent depuis au moins dix ans, et je regrette que les organisations syndicales ne s'en saisissent pas davantage.

Ce qui est intéressant, c'est que, pour l'examen professionnel d'IGE hors classe, on demande aux membres du jury une déclaration sur l'honneur d'absence de conflit d'intérêts. Mais qu'en est-il du contrôle effectif de cette obligation dans les concours ?

Votre témoignage illustre précisément le problème : certaines relations professionnelles semblent justifier des précautions particulières, tandis que d'autres, potentiellement beaucoup plus déterminantes, sont acceptées.

L'impartialité ne devrait pas dépendre uniquement de la bonne foi des membres d'un jury. Elle devrait être garantie par les règles mêmes de sa composition et de son fonctionnement.

Bon courage.